Vous connaissez surement l’adage : les banques ne prêtent qu’aux riches ?

Voyons comment passez outre cette citation afin d’obtenir une réponse positive à son dossier.

Les banques veulent prêter, mais elles veulent également des garanties (d’être remboursées) ! Quand vous achetez une maison, la banque peut soit hypothéquer votre maison soit faire appel à un organisme qui se portera caution pour vous (soit interne, soit externe comme le crédit logement). Il savoir bien négocier ces garanties (éviter que la banque prenne ceinture, bretelles, parachute et si possible hypothéquer la niche du chien….)

Quand on parle de projets professionnels, il existe différentes garanties que nous expliquerons ci-dessous :

Le nantissement du fonds de commerce : ?

Il s’agit du pendant de l’hypothèque dans l’immobilier, en cas de défaillance de la société, la banque pourra revendre le fonds de commerce aux enchères. Bon soyons transparents, le nantissement d’un fonds de commerce ne vaut pas grand-chose sur une société qui dépose le bilan à moins d’avoir un emplacement premium.

En cas de vente du fonds de commerce, le prêt bancaire sera remboursé en priorité.

Le nantissement de parts : ?

Garantie utilisée quand on achète les parts d’une société (et non le fonds). La banque deviendra propriétaire en cas de cessation de paiement. En cas de revente, la banque sera remboursée en priorité si la dette est toujours existante.

La caution personne physique : ?‍♂️?‍♀️

C’est celle qui fait le plus peur aux porteurs de projets, en cas de défaillance de la société, l’entrepreneur s’engage à rembourser une partie de la dette sur ses deniers personnels ou ses revenus futurs. Souvent exprimée en % du montant emprunté (cette caution n’est donc pas dégressive)

Point important, pour qu’une caution soit valable, il faut que le montant de cette caution ne soit pas manifestement disproportionné par rapport au patrimoine et aux revenus du chef d’entreprise au moment où la caution est signée (et non appelée !)

Nantissement d’épargne : ?

Il s’agit de placer une somme d’argent sur un compte du type assurance-vie ou compte à terme. En cas de défaillance, la banque récupérera la somme placée pour se rembourser.

Gage : ?

Peu utilisée car assez contraignante en termes de réglementation, cette garantie peut être prise sur les véhicules ou sur du matériel. La banque récupérera le bien en cas de non-paiement.

Organisme de caution : ?

Le but est simple, vous payez (en une seule fois au moment du décaissement du prêt) un organisme qui va se porter caution sur une partie du crédit.

Aujourd’hui il est difficile de ne pas faire appel à ces organismes. Il en existe plusieurs mais voici les 3 principaux :

La Siagi : créée en 1966 par les chambres de métiers, l’expertise de la Siagi est très reconne par les banques (notamment dans les métiers de bouche) et sur les franchises. A noter que les principales banques françaises détiennent une partie de son capital

BPI : banque publique d’investissement créée en janvier 2013 (auparavant OSEO) il s’agit d’une banque qui tire ses fonds de l’argent public.

France Active : créée en 1988, Elle participe ainsi à l’inclusion financière des créateurs les plus fragiles, au financement des entreprises les plus ambitieuses socialement, au développement d’un environnement favorable aux entrepreneurs engagés et à l’émergence d’une finance plus responsable.

Bien entendu ces différentes garanties sont cumulables et j’entends souvent dire que la banque ne prend pas (plus) de risque. Voici un exemple pour comprendre le mécanisme de garantie :

Imaginons que la banque ait consenti un prêt de 300 000€ avec pour garantie 

  • Nantissement du fonds de commerce
  • Caution personne physique du dirigeant à hauteur de 50%
  • BPI à hauteur de 50%

On a clairement l’impression que la banque est sur-garantie et qu’elle ne prend pas de risque mais la réalité est un peu différente.

  1. Il y aura d’abord vente du fonds de commerce, comme indiqué plus haut la valeur de ce dernier risque d’être faible. Imaginons 50 000€, il restera donc à rembourser à la banque 250 000€.
  2. Le chef d’entreprise est caution pour 50% soit 150 000€. Après discussion il tombe d’accord avec la banque pour rembourser 100 000€ (car oui on peut négocier). Il reste donc 150 000€ de crédit.
  3. Enfin BPI est caution à 50% mais… de la somme restante soit 150 000€ ! BPI remboursera alors 75 000€ à la banque qui perdra 75 000€ (c’est la part en blanc, c’est-à-dire le montant du crédit non garantie et perdu par la banque en cas de défaillance.

 

Vous souhaitez échanger sur les différentes garanties :

 » Il n’y a pas de question idiote, seulement une réponse idiote. « 

Albert Einstein

Adrien Chazalon

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